La biographie d’artiste est le texte que l’on vous demande partout : un journaliste pour présenter votre disque, une salle pour annoncer votre concert, une plateforme de streaming pour votre profil, un organisme pour un dossier d’aide. C’est souvent le premier texte que l’on lit de vous, et parfois le seul.
Dans ce guide, nous expliquons comment nous écrivons une bio d’artiste chez Monart : ce qu’elle doit dire, les trois longueurs à préparer, les clichés à éviter, et trois exemples, fictifs, que vous pouvez adapter à votre projet.
À quoi sert une bio d’artiste ?
Une bonne bio répond vite à trois questions : qui êtes-vous, quelle musique faites-vous, et qu’est-ce qui se passe maintenant ? Le lecteur n’a pas besoin de toute votre vie, il a besoin de comprendre pourquoi s’intéresser à vous aujourd’hui.
Elle sert à des usages très différents :
- la presse, qui reprend souvent la version courte telle quelle ;
- les programmateurs de salles et de festivals, qui veulent situer votre projet ;
- les plateformes et réseaux sociaux, avec leurs limites de caractères ;
- les dossiers d’aide : l’Adami demande les biographies des artistes principaux, et la Sacem une biographie d’une page maximum pour son aide à l’autoproduction (voir notre guide sur les aides pour sortir un album).
C’est aussi la pièce centrale de votre EPK, le dossier de presse en ligne que vous partagez avec les professionnels.
Les règles de base

La troisième personne
On écrit « Elle compose… », pas « Je compose… ». C’est l’usage dans la presse, et Apple Music for Artists le recommande aussi pour la bio d’un EPK. Un média peut ainsi reprendre votre texte sans le réécrire. La première personne garde sa place ailleurs : une note d’intention, un post sur les réseaux, une interview.
Trois longueurs, préparées à l’avance
| Version | Longueur indicative | Usage |
|---|---|---|
| Courte | 2 à 4 phrases | Programme de salle, profil, légende, présentation à l’antenne |
| Moyenne | Un paragraphe | Communiqué de presse, page de concert, profil de plateforme |
| Longue | Une page maximum | EPK, site, dossier d’aide, journaliste qui prépare un article |
Écrivez d’abord la courte. Si vous n’arrivez pas à dire l’essentiel en quelques phrases, la version longue ne fera que délayer.
L’actualité en premier
Commencez par ce qui est vrai maintenant : le nouveau disque, la tournée, la création en cours. L’enfance et le conservatoire peuvent venir plus loin, s’ils éclairent la musique.
Des faits, pas des adjectifs
« Un son unique » ne dit rien. « Un trio sans batterie, où la contrebasse joue souvent la mélodie » dit quelque chose. Remplacez chaque adjectif flatteur par un fait vérifiable : un instrument, une rencontre, un lieu, une méthode de travail, une citation de presse réelle.
Que mettre dans une biographie d’artiste ?
C’est une liste d’ingrédients ; tous ne servent pas à chaque fois.
- Le nom et l’instrument ou la formation : pianiste, chanteuse, quartet, duo électro…
- La musique, décrite concrètement : esthétique, instrumentation, ce que l’on entend.
- L’actualité : titre du disque, label ou autoproduction, date de sortie, concerts à venir.
- Deux ou trois repères de parcours : rencontres, collaborations, scènes ou festivals marquants, prix.
- Une citation de presse, si vous en avez une, avec le nom du média.
- Une ouverture : ce que le projet cherche, ce qui vient ensuite.
Ce qu’on peut laisser de côté : la liste complète des stages suivis, chaque concert depuis dix ans, les influences énumérées sans lien avec votre musique.
Les clichés à éviter
- « Depuis son plus jeune âge, la musique a toujours fait partie de sa vie »
- « Un voyage musical », « un univers singulier », « inclassable »
- « Mélange les genres » (dites lesquels, et comment)
- les superlatifs sans source : « l’un des plus grands talents de sa génération »
- une liste de dix noms célèbres en « influences »
Un bon test : si la phrase pourrait décrire n’importe quel autre artiste, elle n’a pas sa place dans votre bio.
Trois exemples de biographie d’artiste
EXEMPLES FICTIFS. L’artiste, les musiciens, le disque et le label ci-dessous sont inventés pour illustrer la méthode. Toute ressemblance avec un projet existant serait fortuite.
Bio courte (environ 50 mots)
Pianiste et compositrice installée à Lyon, Maëlle Dorval écrit pour un trio sans batterie où la contrebasse porte souvent la mélodie. Son deuxième album, Sel de lune, sort le 6 mars chez Nordet Records. Elle le présentera en concert dans plusieurs villes de France au printemps.
Bio moyenne (environ 120 mots)
Pianiste et compositrice installée à Lyon, Maëlle Dorval écrit pour un trio sans batterie, avec Hugo Ternant à la contrebasse et Sofia Reyes à la clarinette basse. Dans ce format, c’est souvent la contrebasse qui porte la mélodie, et le piano qui tient le rythme.
Formée au piano classique, elle découvre l’improvisation dans les jams lyonnaises et monte son premier trio en 2019. Son premier album, enregistré en deux jours, l’a fait connaître sur les scènes jazz de la région.
Son deuxième album, Sel de lune, sort le 6 mars chez Nordet Records. Huit compositions originales écrites pendant une résidence au bord de l’océan, où les morceaux partent souvent d’un enregistrement de terrain : vent, marée, voix.
Bio longue (environ 230 mots)
Pianiste et compositrice installée à Lyon, Maëlle Dorval écrit pour un trio sans batterie, avec Hugo Ternant à la contrebasse et Sofia Reyes à la clarinette basse. Dans ce format, c’est souvent la contrebasse qui porte la mélodie, et le piano qui tient le rythme : un choix né d’une contrainte, devenu la signature du groupe.
Formée au piano classique, elle découvre l’improvisation dans les jams lyonnaises, où elle rencontre Hugo Ternant. Le trio naît en 2019, d’abord pour jouer des standards, puis, très vite, ses propres compositions. Son premier album, enregistré en deux jours, l’installe sur les scènes jazz de la région.
Son deuxième album, Sel de lune, sort le 6 mars chez Nordet Records. Les huit compositions ont été écrites pendant une résidence de trois semaines au bord de l’océan. Chaque matin, Maëlle Dorval enregistrait le vent, la marée ou les voix du port ; l’après-midi, le trio en faisait des morceaux. Certains de ces enregistrements de terrain restent audibles sur le disque, en ouverture ou en transition.
« Je voulais que l’on entende l’endroit où la musique a été écrite », explique-t-elle.
Le trio présentera Sel de lune en concert dans plusieurs villes de France au printemps, dans une version où les sons enregistrés sont joués en direct depuis le piano. Maëlle Dorval prépare en parallèle une pièce pour piano seul.
Remarquez ce qui ne change pas d’une version à l’autre : la première phrase, le fait concret (la contrebasse mélodique) et l’actualité. La version longue ajoute du contexte et une citation, pas des adjectifs.
Utiliser l’IA pour un premier jet (et ce qu’il faut corriger soi-même)
ChatGPT, Claude, Gemini ou Mistral peuvent vous aider à sortir de la page blanche. Le piège : leur demander « écris ma bio » en une phrase. Vous obtenez alors un texte générique, plein de clichés et parfois de faits inventés. Mieux vaut demander à l’IA de vous interviewer d’abord.
« Tu es journaliste musical et tu vas m’aider à écrire ma biographie d’artiste. Avant d’écrire quoi que ce soit, interviewe-moi : pose-moi une seule question à la fois, sur mon parcours, ma musique, ma formation, mon actualité et ce qui rend mon projet différent. Relance-moi quand ma réponse est vague. Quand tu as assez d’éléments, écris trois versions à la troisième personne : courte (3 phrases), moyenne (un paragraphe) et longue (une page maximum). Pas de superlatifs, pas de clichés, et n’utilise que ce que je t’ai dit : n’invente ni dates, ni prix, ni collaborations. »
Vous pouvez répondre par écrit ou à l’oral : la plupart de ces outils ont un mode vocal, ou vous pouvez enregistrer un mémo vocal et coller la transcription. À l’oral, on raconte plus naturellement, et les détails concrets sortent plus facilement.
Ce qu’on corrige toujours à la main :
- chaque fait : noms, dates, lieux, titres, orthographe des musiciens ;
- les clichés de la liste ci-dessus, que l’IA adore ;
- les citations : aucune citation de presse qui ne soit réelle et vérifiable ;
- le rythme : lisez à voix haute ; coupez les phrases trop longues ;
- la voix : si le texte pourrait décrire un autre artiste, recommencez avec un détail plus précis.
Si vous en avez la possibilité, confiez plutôt votre bio à quelqu’un qui écrit de métier : un rédacteur qui connaît la musique, un attaché de presse ou un journaliste qui accepte des commandes (qui, par déontologie, ne chroniquera ensuite généralement pas ce disque). L’IA sert alors à préparer cet échange, ou à avoir une bonne base quand le budget ne suit pas.
Faire vivre sa bio
- Datez vos versions et mettez-les à jour à chaque sortie.
- Gardez la même version partout : EPK, site, plateformes, réseaux. Des bios contradictoires brouillent le message.
- Traduisez-la, ne la calquez pas : une bio en anglais pour l’international doit être relue par quelqu’un dont c’est la langue.
- Préparez une photo et un crédit à côté : on vous les demandera en même temps.
Comment Monart peut aider
Chez Monart, la bio fait partie de chaque campagne d’attaché de presse : nous l’écrivons ou la retravaillons avec l’artiste, en français, en anglais et en espagnol, avec le communiqué et l’EPK. Pour voir le résultat dans une vraie campagne, regardez par exemple le projet Raíces de Ben García et Lucas Martínez.
Besoin d’un regard extérieur sur votre bio ? Une heure de consultation avec Gustavo Mezo pour revoir votre bio, votre EPK ou votre projet de sortie : 80 €, déduits si vous confiez ensuite une campagne à Monart. Réserver une consultation
Questions fréquentes
Faut-il écrire sa biographie d’artiste à la première ou à la troisième personne ?
À la troisième personne pour la presse, l’EPK et les dossiers : le texte peut être repris tel quel. La première personne convient aux réseaux sociaux ou à une note d’intention.
Quelle longueur pour une bio d’artiste ?
Préparez trois versions : courte (2 à 4 phrases), moyenne (un paragraphe) et longue (une page maximum). Certains dossiers d’aide imposent eux-mêmes une page maximum.
Que mettre en premier dans une bio ?
Qui vous êtes, ce que vous jouez, et votre actualité. Le parcours vient ensuite, seulement s’il éclaire la musique.
Peut-on mettre des citations de presse dans sa bio ?
Oui, une ou deux, courtes, avec le nom du média. Uniquement des citations réelles, que vous pouvez sourcer.
Peut-on écrire sa bio avec ChatGPT ?
Pour un premier jet, oui, si l’IA vous interviewe d’abord et n’utilise que vos réponses. Relisez chaque fait et retirez les clichés ; l’idéal reste de la faire relire ou écrire par un professionnel.
Faut-il une bio différente pour chaque plateforme ?
Non : gardez le même fond partout, et adaptez seulement la longueur aux limites de chaque plateforme.
Sources
Apple Music for Artists sur le dossier de presse électronique (bio à la troisième personne, version longue et courte), les conditions de l’aide à la production d’un enregistrement de l’Adami et la fiche Autoproduction de la Sacem, consultées en octobre 2026. Données de recherche : SE Ranking, octobre 2026.
Par Gustavo Mezo, fondateur de Monart, agence de marketing musical basée à Paris.

