Vous enregistrez un EP ou un album et vous cherchez une aide Adami, une aide de la Sacem, de la Spedidam ou du CNM ? Ces quatre organismes financent chaque année des projets musicaux, mais ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes : l’artiste-interprète, l’auteur-compositeur, la structure qui emploie les musiciens ou le label qui détient le master.
Ce guide fait le point, organisme par organisme : à qui s’adresse chaque aide, les programmes utiles pour une sortie, les conditions principales, le calendrier et le lien vers la fiche officielle. Les montants et les règles changent souvent. Considérez ce qui suit comme une carte, et relisez toujours la fiche à jour avant de déposer.
Qui finance quoi : le tableau rapide

| Organisme | Ce qu’il gère | Aide la plus utile pour une sortie | Qui dépose |
|---|---|---|---|
| Adami | Droits des artistes-interprètes | Production d’un enregistrement et sa promotion ; aide à la promotion | La structure de l’artiste, qui doit être associé de l’Adami |
| Sacem | Droits des auteurs, compositeurs et éditeurs | Autoproduction d’un projet musical (5 000 €) | L’auteur-compositeur, en son nom |
| Spedidam | Droits des artistes-interprètes | Promotion par l’image (vidéo promo, EPK vidéo) | La structure qui porte le projet |
| CNM | Aides à toute la filière musicale | Aide à la production phonographique | Le producteur (personne morale) détenteur du master |
Un même disque peut donc mobiliser plusieurs guichets, chacun avec ses propres règles de cumul.
Adami : l’aide aux artistes-interprètes
À qui ça s’adresse
L’Adami gère les droits des artistes-interprètes. Ses aides musicales sélectives sont réservées aux artistes associés qui produisent leur disque via leur propre structure (SARL, association qu’ils contrôlent…). Attention : percevoir des droits de l’Adami ne fait pas de vous un associé. L’adhésion se demande en ligne, avec un droit d’entrée unique de 15 €.
Les programmes pour un disque
- Aide à la production d’un enregistrement et sa promotion (« 2D / 3D »). Elle finance jusqu’à 1/3 des dépenses HT de production et post-production, plafonnée à 15 000 € (20 000 € au-delà de 20 artistes salariés). S’y ajoute un forfait de 2 500 € pour un projet audiovisuel obligatoire (clip, captation, session live ou documentaire de plus de 5 minutes ; un visualizer ou un teaser ne suffisent pas).
- Aide à la promotion d’un enregistrement. Pour un disque déjà enregistré : jusqu’à 80 % des dépenses HT de promotion, plafond 8 000 € (40 % en coproduction avec une structure qui n’est pas celle d’un artiste).
- Adami 365 (projet global sur 12 mois) et Bourse Parcours Artiste (jusqu’à 4 000 €), pour d’autres besoins.
Conditions principales (aide 2D / 3D, version mai 2026)
- un enregistrement d’au moins 5 titres ou 20 minutes, en distribution professionnelle : les agrégateurs (DistroKid, TuneCore, iMusician, Bandcamp…) ne suffisent pas sans distribution physique professionnelle ;
- une structure qui existe depuis au moins 6 mois, à jour de ses cotisations, productrice et propriétaire majoritaire du master ;
- une expérience déjà acquise : par exemple 10 titres ou 40 minutes déjà sortis en distribution professionnelle, ou un dispositif comme Jazz Migration ;
- en musiques actuelles, jazz et musiques du monde, au moins 300 € de rémunérations Adami perçues sur 5 ans ;
- un bonus de 20 % si l’équipe remplit les critères du bonus égalité femmes-hommes.
Ce que ça change pour la promotion
C’est ici que la promo entre dans le budget. Pour l’aide à la promotion, la fiche liste parmi les dépenses recevables l’attaché(e) de presse, l’achat d’espaces publicitaires, le marketing, les photos de presse et le teaser. Pour l’aide 2D / 3D, si votre structure exploite elle-même le master sans licence, elle doit travailler avec un attaché de presse ou une agence de communication établie en France qui promeut le disque auprès des médias français ; un forfait promotion de 2 500 € est alors ajouté, et une facture d’attaché de presse est exigée au solde.
Calendrier
Dépôt sur la plateforme i-DA au plus tard 3 mois avant la première sortie commerciale pour l’aide 2D / 3D (les singles ne comptent pas), et avant la première sortie commerciale pour l’aide à la promotion. La commission Musique se réunit « toutes les 6 semaines environ, sauf en juillet et août ». Fiches : aide à la production d’un enregistrement et aide à la promotion.
Sacem : l’aide aux auteurs-compositeurs
À qui ça s’adresse
La Sacem gère les droits des auteurs, compositeurs et éditeurs. Ses aides suivent donc l’œuvre, pas l’interprétation : si vous jouez surtout les morceaux des autres, regardez plutôt du côté de l’Adami. Les demandes se déposent en ligne depuis l’espace membre, sur le site Aide aux projets de la Sacem.
Le programme pour un disque : autoproduction d’un projet musical
D’après la fiche officielle :
- la demande est faite par l’auteur-compositeur dont le répertoire est majoritairement représenté sur l’enregistrement, en son nom ;
- elle concerne le premier, deuxième ou troisième enregistrement autoproduit, en musiques actuelles (chanson, rock, jazz, musiques du monde, électro, musiques urbaines…) ;
- l’enregistrement compte au moins 5 titres et est finalisé ; sortie numérique et/ou physique (au moins 250 exemplaires en vente si la sortie est uniquement physique) ;
- un environnement professionnel est obligatoire : éditeur, manager, tourneur, producteur de spectacle, salle ou dispositif d’accompagnement, qui signe une lettre de recommandation ;
- l’aide est de 5 000 €, versée directement à l’auteur-compositeur.
Calendrier
À l’inverse de l’Adami, on dépose après la sortie intégrale du projet, et jusqu’à 6 mois après. La commission se réunit une fois par mois et compte au minimum deux mois d’analyse. Le dossier comprend notamment une biographie d’une page maximum et une note d’intention avec budget. La Sacem précise aussi qu’elle porte « une attention particulière » à une stratégie de développement structurée (communication, scène).
Pour le jazz
La Sacem a aussi une aide aux grandes formations et ensembles de jazz (au moins 8 musiciens, 5 concerts par an minimum, plafond 5 000 €), et un accompagnement sans subvention, l’Accélérateur de projets, pour les auteurs-compositeurs qui structurent leur projet.
Spedidam : vidéo de promotion, scène et international
À qui ça s’adresse
La Spedidam gère elle aussi des droits d’artistes-interprètes. Ses aides passent par la structure qui porte le projet, sur la plateforme ADEL, et toutes concernent des actions postérieures à la commission qui les examine.
Les programmes utiles autour d’un album
Au moment où nous écrivons, la Spedidam ne liste pas d’aide à l’enregistrement d’un disque. Trois programmes accompagnent en revanche une sortie :
- Aide à la promotion par l’image : la réalisation d’une vidéo promotionnelle, la fiche citant comme exemples l’« EPK (kit de presse électronique), pastille, interview, teaser ». Plafond 2 500 €, dans la limite de 80 % des frais de réalisation, avec une structure professionnelle immatriculée pour tourner. Les clips de titres en intégralité et les documentaires ne sont pas concernés.
- Aide au spectacle musical : au moins 6 représentations sur 5 dates (4 dates pour les ensembles d’au moins 8 artistes), un coût employeur des salaires d’au moins 6 000 €, et une aide jusqu’à 40 % de ce coût (50 % pour ces ensembles).
- Aide au déplacement à l’international : jusqu’à 65 % des billets, avec un plafond de 750 € par personne en Europe et 1 500 € ailleurs, sur présentation de 3 lettres d’invitation de 3 lieux différents.
Calendrier
Les dossiers se déposent complets sur ADEL avant la date limite du calendrier des commissions. Comptez donc à rebours : la vidéo, les concerts ou le voyage doivent avoir lieu après la commission.
CNM : l’aide à la production phonographique
À qui ça s’adresse
Les aides financières du Centre national de la musique « s’adressent à l’ensemble de la filière ». Pour un disque, elles visent des structures : l’artiste en nom propre ne peut pas déposer seul.
Conditions principales
D’après la fiche Aide à la production phonographique, la structure doit :
- être affiliée au CNM (démarche à anticiper d’au moins 20 jours ouvrés), être une personne morale et l’employeur des artistes ;
- exister depuis au moins un an et détenir les droits sur les enregistrements ;
- avoir déjà sorti au moins une référence de 5 titres ou plus de 20 minutes en distribution professionnelle ;
- remplir un critère économique (par exemple 30 000 € de chiffre d’affaires sur le dernier exercice).
Le projet compte au moins 5 titres ou plus de 20 minutes, n’est pas encore commercialisé à la date limite de dépôt et doit sortir dans les six mois qui suivent ; il est financé à plus de 15 % sur fonds propres. L’aide atteint au plus 40 % des dépenses éligibles, plafonnée à 20 000 € par projet, avec une majoration de 10 % liée à des critères d’égalité.
Ce que ça change pour la promotion
Parmi les dépenses éligibles, le CNM retient 30 % des dépenses de promotion, marketing et communication, ainsi que les contenus promotionnels « standards » comme le dossier de presse électronique (EPK), les capsules, le teaser, le canvas ou le visualizer. Le CNM a aussi une aide à la production de musique en images (clip lié à une sortie, 30 % des dépenses, jusqu’à 15 000 €).
Calendrier
Les dates limites figurent sur la fiche ; l’analyse prend au moins 4 semaines, et les dates de commission sont communiquées dans l’espace personnel.
Et les autres subventions musique ?
Régions, DRAC, villes, bureaux export, sociétés de producteurs : il existe bien d’autres guichets. La Sacem renvoie elle-même vers monprojetmusique.fr, un annuaire qui recense plus d’une centaine de financements, triés par profil et par type de projet. Si vous vivez en Belgique ou en Suisse, les organismes ne sont pas les mêmes : ce guide concerne la France.
Préparer son dossier : ce qui revient partout
D’un organisme à l’autre, les pièces se ressemblent. L’Adami demande une note d’intention, les biographies des artistes principaux, un plan promo et la présentation de l’attaché de presse ; la Sacem, une biographie d’une page et une note d’intention avec budget. Avoir ces textes prêts, et bien écrits, fait gagner des semaines :
- une biographie courte et une longue, à jour (voir notre guide biographie d’artiste) ;
- un EPK en ligne qui rassemble musique, photos, vidéo et revue de presse (voir notre guide EPK musique) ;
- un plan de sortie daté : singles, clip, presse, concerts ;
- des devis pour chaque dépense importante.
L’erreur la plus fréquente reste le calendrier : l’Adami veut le dossier 3 mois avant la sortie, la Sacem après. Et à l’Adami comme à la Sacem, une demande refusée ne peut pas être redéposée dans le même programme : mieux vaut un dossier complet qu’un dossier rapide.
Utiliser l’IA pour un premier jet (et ce qu’il faut corriger soi-même)
ChatGPT, Claude, Gemini ou Mistral peuvent vous aider à rédiger une note d’intention ou un plan de sortie, à condition que l’information vienne de vous. Ne lui demandez pas d’écrire tout de suite : demandez-lui de vous interroger d’abord.
« Je prépare une demande d’aide pour mon album auprès de {organisme}. Avant d’écrire quoi que ce soit, interviewe-moi : pose-moi une seule question à la fois sur le projet, l’équipe, le calendrier, le budget et ce que l’aide va changer. Quand tu as assez d’éléments, rédige une note d’intention d’une page, sobre, à la troisième personne, sans superlatifs. N’invente aucun chiffre, aucun partenaire, aucune date : si une information manque, signale-la. »
Vous pouvez répondre par écrit ou à l’oral (mode vocal de l’outil, ou mémo vocal transcrit puis collé).
Ce qu’on corrige toujours à la main :
- les conditions et les montants : l’IA mélange facilement les programmes et les années, seule la fiche officielle fait foi ;
- les chiffres du budget, à reprendre de vos devis ;
- les formules creuses (« projet ambitieux », « univers singulier ») ;
- le ton : une commission lit des dizaines de dossiers, la clarté compte plus que l’emphase.
Pour le dossier lui-même, rien ne remplace quelqu’un dont c’est le métier : un administrateur de production pour le montage, un rédacteur spécialisé ou un attaché de presse pour les textes. L’IA vous permet d’arriver à ce rendez-vous avec un projet déjà clair.
Comment Monart intervient
Monart ne monte pas les dossiers de demande d’aide. Nous intervenons sur ce qui se passe autour : une campagne d’attaché de presse pour la sortie, et les textes et supports qui servent aussi au dossier (biographie, EPK, plan de communication). Pour l’Adami comme pour le CNM, la promotion peut faire partie des dépenses prises en compte, dans les limites rappelées plus haut. Vous pouvez voir une campagne de presse menée en Europe et dans les Amériques avec Raíces de Ben García et Lucas Martínez.
Un regard extérieur sur votre projet de sortie ? Une heure de consultation avec Gustavo Mezo pour revoir votre calendrier, votre EPK ou votre bio avant de déposer : 80 €, déduits si vous confiez ensuite une campagne à Monart. Réserver une consultation
Questions fréquentes
Faut-il être associé de l’Adami pour obtenir une aide pour un album ?
Oui pour les aides sélectives musique (enregistrement, promotion, Adami 365, Bourse Parcours Artiste). L’adhésion coûte 15 €, une seule fois, et se demande en ligne.
Quelle aide demander si je compose mes propres morceaux ?
Regardez l’aide à l’autoproduction de la Sacem (5 000 €, pour le premier, deuxième ou troisième enregistrement autoproduit). Elle se demande après la sortie, et peut s’ajouter à une aide Adami si vous en remplissez aussi les conditions.
Peut-on cumuler les aides Adami, Sacem, Spedidam et CNM ?
Souvent, oui, mais chaque organisme fixe ses limites. L’Adami plafonne par exemple le cumul des aides à l’enregistrement à 75 % des dépenses HT de production. Le CNM exige que plus de 15 % du projet soit financé sur fonds propres.
Un artiste en nom propre peut-il demander l’aide du CNM ?
Pas pour l’aide à la production phonographique : elle est réservée à une personne morale affiliée au CNM, existant depuis au moins un an et détentrice du master.
L’attaché de presse est-il une dépense éligible ?
Pour l’aide à la promotion de l’Adami, oui : l’attaché(e) de presse figure dans les dépenses recevables. Le CNM retient 30 % des dépenses de promotion, marketing et communication. Vérifiez chaque fois la fiche à jour.
Mon album est distribué via DistroKid : suis-je éligible ?
Pas pour l’aide 2D / 3D de l’Adami, qui exclut les agrégateurs en l’absence de distribution physique professionnelle. La Sacem accepte une sortie numérique pour l’autoproduction ; lisez sa fiche pour les détails.
Sources
Fiches officielles consultées les 19 et 24 octobre 2026 : aides de l’Adami, autoproduction d’un projet musical (Sacem), aides aux projets de la Spedidam et aide à la production phonographique du CNM. Les conditions changent : la fiche en vigueur fait foi. Données de recherche : SE Ranking, octobre 2026.
Par Gustavo Mezo, fondateur de Monart, agence de marketing musical basée à Paris.

